LA PASTORALE DES PREMIERS DISCIPLES

Les prêtres et moi, votre évêque, nous sommes un presbyterium, et je vous propose de nous laisser guider à nouveau par l’Evangile « des premiers disciples ».

Actuellement, nous sommes encore nombreux et riches de la mémoire récente où les communautés de notre Eglise diocésaine, paroisses, aumôneries, mouvements, bénéficiaient de notre ministère de prêtres.
Pendant la première année où je vous ai visités, vous m’avez tous fait le récit de votre vocation et de vos vies.
Beaucoup d’entre vous m’ont aussi fait part des difficultés rencontrées, que ce soit venant ou des communautés chrétiennes, ou de l’Institution ecclésiale, ou de questions de vie spirituelle, ou de l’évolution de la société, ou de problèmes personnels, ou de soi-même.
Votre souffrance aussi devant les départs de vos frères prêtres avec lesquels vous aviez fait du chemin. Et certains d’entre vous, vous demandant au fond, pourquoi vous n’étiez pas aussi partis.

Et je redis ce que certains m’ont dit : « l’action catholique a sauvé ma foi ».
Et je sais que pour l’un ou l’autre, ce fut la découverte de telle ou telle spiritualité ancienne ou nouvelle.
Et aussi votre souci des vocations presbytérales.
Mais je témoigne ici de votre foi et de votre fidélité, des joies que votre ministère a suscitées et que vous m’avez fait l’honneur de me partager.
Pour tous, votre joie profonde est de partager les joies et les angoisses des hommes et de leur proposer en temps voulu Jésus-Christ pour qu’il les sauve.
Très souvent, vous m’avez dit que l’Eucharistie en était le cœur.
Qui aurait pu en douter ? Mais cela fait du bien d’en témoigner !

Si l’Eglise qui est en Ardèche a Jésus-Christ chevillée au corps, je peux dire que, vous, vous avez l’Eglise d’Ardèche chevillée au corps. Vous avez la passion intacte de servir les hommes et les femmes qui ont été mis par Jésus-Christ sur votre route.
Il est dommage que cela ne s’exprime principalement que lors des obsèques des confrères. Nous devrions en témoigner plus souvent sans fausse pudeur.
Et cette passion contagieuse, nous la partageons dans l’unité d’un seul presbyterium, prêtres séculiers ou religieux, ardéchois ou Fidei donum.

Mais les années qui viennent nous obligent dès maintenant à envisager comment nous exercerons le ministère presbytéral avec un petit nombre de prêtres, et somme toute pour de petites communautés.
Et en particulier, que sera la place de l’Eucharistie, elle qui fait l’Eglise ?
Et aussi le fait qu’il ne peut y avoir une Eglise sans prêtres.
Ce sera lié à la recherche des quatre autres « zones de pêche » dont les acteurs de notre diocèse vont exprimer la vision (les jeunes, la transmission initiatique et expérimentale de la foi, la physionomie à venir des communautés de base, le service de la diaconie), et des conséquences concrètes dans la manière d’organiser l’Eglise.
Il n’est donc pas question de subir cette situation, et d’être dans la situation de ce condamné à mort qui de manière dérisoire disait : « encore un instant, Monsieur le bourreau ».
Mais il n’est déjà pas normal que trois prêtres d’entre nous soient obligés d’être simultanément chacun, les curés de deux paroisses.
Tout cela parce que le modèle paroissial actuel est fondé sur l’occupation totale et le quadrillage géographique total de l’espace.
Si cela devait rester ainsi, il faudra augmenter le nombre de prêtres venus de l’extérieur avec pour effet le risque de créer un rideau de fumée pour en fait maintenir des structures qui ne correspondent pas aux exigences nouvelles de la vie actuelle.

Nous avons donc à inventer de nouvelles manières d’exercer notre ministère presbytéral.
D’autant que les jeunes qui veulent devenir prêtre qui se présentent à moi aujourd’hui aspirent eux-mêmes à une vie pas nécessairement communautaire, mais fraternelle.

À chaque rencontre, laissons-nous guider par la Parole de Dieu.

ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, chapitre 21

Après cela, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.

Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples.

Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.

Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.

Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. »

Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons.

Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau.

Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.

Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.

Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. »

Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.

Jésus leur dit alors : « Venez manger. »
Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur.

Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson.

C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.

Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon
Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »
Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »

Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »
Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »

Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.

Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »

Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu.
Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »

La Pastorale des premiers disciples : Baptisés au service de la mission de l’Église : prêtres, diacres, laïcs.

Une vision pastorale à retrouver ici (à partir de la page 88) ou prévisualiser son contenu dans la fenêtre ci-dessous :

Lettre Pastorale
Père Frédéric Seiller
Père Frédéric SeillerCoordinateur